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La longue histoire des bornes de la frontière franco-belge entre La Flamengrie, Bettrechies et Roisin (Honnelles depuis 1977)

Les bornes frontières de La Flamengrie, Bettrechies et Roisin.
Au cœur du bocage de l'Avesnois et du Haut-Pays belge se cache un patrimoine exceptionnel : une série de 65 bornes frontières en pierre bleue, installées en 1780/1781 pour matérialiser la nouvelle frontière entre le royaume de France et les Pays-Bas autrichiens. Aujourd'hui encore, une cinquantaine de ces bornes subsistent dans les haies, les chemins, les prairies ou les lisières de bois. Elles constituent l'un des ensembles de bornes du XVIIIᵉ siècle les mieux conservés de toute la frontière franco-belge.
Une frontière née des traités. L'histoire de ces bornes remonte à la fin du XVIIᵉ siècle. Par le traité de Nimègue (1678), La Flamengrie devient française, tandis que le village voisin de Roisin reste sous domination espagnole. Lorsque les Pays-Bas espagnols passent sous l'autorité des Habsbourg d'Autriche après le traité d'Utrecht (1713), la frontière devient celle qui sépare la France des Pays-Bas autrichiens. Mais cette frontière est loin d'être simple. Les seigneurs de Roisin possèdent toujours le vaste Bois de Roisin autour de La Flamengrie, créant une avancée étrangère qui coupe la liaison entre les places fortes françaises de Valenciennes, Bavay et Maubeuge. Cette situation favorise également la contrebande et complique l'administration des territoires.
La convention de 1779. Après plusieurs décennies de négociations entre les deux États, une convention est signée le 18 novembre 1779. La France obtient une partie du Bois de Roisin, indispensable pour sécuriser la route stratégique reliant Valenciennes à Maubeuge. En contrepartie, elle cède aux Pays-Bas autrichiens une superficie équivalente de terres agricoles situées autour de La Flamengrie et, pour une faible part, sur Bettrechies. Au total, près d'une centaine d'hectares changent ainsi de souveraineté.
Le travail des arpenteurs. À partir du 3 juin 1780, les deux États confient le bornage à deux spécialistes : Thomas Joseph Merlin, architecte et contrôleur des domaines de l'Impératrice d'Autriche ; Pierre-Dominique Dutemple, géomètre arpenteur juré français. Pendant plusieurs mois, ils mesurent les bois, les champs, les chemins et les haies afin de dessiner avec précision la nouvelle frontière. Le résultat est un tracé particulièrement sinueux, épousant les limites des parcelles et des propriétés existantes.
Soixante-cinq bornes pour une frontière. Pour matérialiser cette nouvelle limite, il est décidé d'installer une borne à chaque changement de direction. C'est ainsi que 65 bornes sont mises en place en 1781. Chaque borne est taillée dans la pierre bleue du Hainaut et porte les armes des deux États :
- côté français, les trois fleurs de lys surmontent l'inscription FRANCE ;
- côté autrichien, l'aigle bicéphale des Habsbourg domine l'inscription AUTRICHE. Le numéro de la borne est gravé sur sa face supérieure, permettant encore aujourd'hui d'identifier chacune d'elles.
Deux siècles d'histoire. La Révolution française, l'Empire, le Royaume des Pays-Bas puis la création de la Belgique ont fait disparaître les fleurs de lys et l'Autriche de la carte politique européenne. Pourtant, les bornes sont restées en place. Certaines ont été déplacées, cassées ou enfouies au fil des travaux agricoles. D'autres ont perdu leurs sculptures sous l'effet du temps. Beaucoup, cependant, sont toujours debout après plus de 240 ans, témoins silencieux des grandes négociations diplomatiques du XVIIIᵉ siècle. Aujourd'hui, elles constituent un patrimoine historique remarquable, à la fois français et belge, que plusieurs communes et associations s'attachent à préserver et à faire découvrir.
Références historiques: Jean-Louis Renteux, La rectification de la frontière du Nord en 1779.

Honnelles
La commune de Honnelles est née le 1er janvier 1977 de la fusion des communes d'Angre, Angreau, Athis, Autreppe, Erquennes, Fayt-le-Franc, Marchipont, Montignies-sur-Roc, Onnezies et Roisin. Son nom provient des deux cours d'eau qui traversent son territoire : la Grande Honnelle et la Petite Honnelle. Les villages qui la composent constituent aujourd'hui le versant belge de cet ancien paysage frontalier.

Bornes frontiere, ordonnance de 1780
Résumé de l'ordonnance de Marie-Thérèse du 10 avril 1780

L'impératrice Marie-Thérèse rappelle qu'après avoir réglé avec le roi de France plusieurs différends frontaliers par la convention de Versailles de 1769, il restait encore diverses questions à résoudre concernant la frontière entre la France et les Pays-Bas autrichiens. Afin d'améliorer la situation des populations vivant de part et d'autre de la frontière, les deux États ont décidé : de régler plusieurs problèmes frontaliers encore en suspens ; de procéder à des échanges d'enclaves entre les deux souverainetés ; de rendre certaines portions de la frontière plus simples et plus régulières. Ces objectifs ont été atteints par une nouvelle convention signée à Bruxelles le 18 novembre 1779 entre la France et l'Autriche. Marie-Thérèse déclare que ce traité, dûment ratifié par les deux parties, doit être appliqué intégralement. Elle ordonne à tous les tribunaux, administrations, officiers et sujets des Pays-Bas autrichiens de respecter et de faire respecter ses dispositions. Les autorités locales sont chargées de publier le traité, de l'enregistrer officiellement et de veiller à son exécution. Toutes les contestations concernant les territoires concernés devront désormais être réglées conformément aux dispositions de cette convention. L'ordonnance est signée à Bruxelles le 10 avril 1780 et revêtue du grand sceau impérial.

Le document en ligne :
Ordonnance de l'Impératrice Reine, du 10. avril 1780

Les différentes façons de découvrir les bornes.



➜ Localisation des bornes frontière sur Google Maps.

N° de borne
Coordonnées GPS
N° de borne
Coordonnées GPS
N° de borne
Coordonnées GPS
N° de borne
Coordonnées GPS
N° de borne
Coordonnées GPS
01 - 50.303184, 3.709895
02 - 50.304136, 3.715066
03 - 50.305047, 3.720057
04 - 50.305229, 3.719784
05 - 50.305363, 3.718643
06 - 50.305561, 3.717732
07 - 50.305596, 3.717506
08 - 50.306053, 3.716919
09 - 50.306406, 3.716495
10 - 50.306477, 3.716052
11 - 50.306574, 3.715565
12 - 50.307505, 3.716846
13 - 50.307822, 3.716374
14 - 50.308273, 3.715698
15 - 50.308971, 3.717377
16 - 50.310061, 3.716635
17 - 50.312599, 3.715273
18 - 50.312745, 3.715400
19 - 50.313948, 3.710263
20 - 50.314092, 3.710295
21 - 50.314422, 3.711089
22 - 50.314818, 3.710318
23 - 50.315368, 3.711212
24 - 50.315832, 3.710378
25 - 50.316384, 3.709656
26 - 50.316490, 3.709888
27 - 50.316557, 3.709890
28 - 50.316803, 3.710481
29 - 50.317270, 3.709966
30 - 50.317616, 3.710756
31 - 50.317829, 3.710667
32 - 50.318507, 3.709844
33 - 50.318949, 3.709027
34 - 50.319550, 3.710008
35 - 50.318978, 3.710538
36 - 50.319643, 3.712287
37 - 50.318990, 3.712971
38 - 50.318747, 3.713379
39 - 50.319155, 3.714154
40 - 50.317905, 3.715985
41 - 50.318171, 3.716582
42 - 50.317369, 3.717731
43 - 50.317526, 3.718012
44 - 50.316030, 3.720331
45 - 50.315649, 3.720517
46 - 50.315348, 3.720619
47 - 50.314990, 3.719619
48 - 50.313880, 3.720527
49 - 50.313413, 3.720796
50 - 50.313298, 3.719987
51 - 50.312349, 3.720472
52 - 50.311695, 3.721018
53 - 50.311352, 3.721040
54 - 50.309518, 3.728577
55 - 50.310155, 3.728595
56 - 50.310734, 3.728600
57 - 50.310271, 3.730515
58 - 50.311542, 3.731881
59 - 50.312197, 3.731046
60 - 50.312923, 3.730403
61 - 50.312752, 3.729560
62 - 50.313567, 3.728634
63 - 50.313964, 3.729278
64 - 50.314732, 3.728505
65 - 50.315348, 3.727325
Bornes entières - Bornes incomplètes - Bornes disparues

➜ Rechercher une borne précise

➜ Carte interactive
Explorer les bornes sur la carte
Les bornes s'affichent au clic sur le numéro.
Carte des 65 bornes frontières

La borne frontière franco-belge n°36 retrouve sa place après 181 ans.
Le 19 septembre 2026, la borne frontière franco-belge n°36 a été officiellement replacée à son emplacement exact entre La Flamengrie (France) et Honnelles (Belgique). Cette opération marque l'aboutissement d'une histoire peu commune qui remonte au XIXᵉ siècle.
Faisant partie des 65 bornes installées en 1780-1781 pour matérialiser la frontière entre le Royaume de France et les Pays-Bas autrichiens, la borne n°36 était connue depuis longtemps pour ne pas se trouver à l'endroit prévu. Lors d'un relevé effectué en 1845, une commission franco-belge avait constaté un écart d'environ quatre mètres et recommandé son déplacement. Décision qui restera pourtant sans suite pendant plus de 180 ans.
Cette anomalie historique a enfin été corrigée. À l'aide d'un engin de levage, la borne de pierre bleue a été extraite puis repositionnée dans une nouvelle fosse préparée à l'emplacement défini par les relevés officiels. L'opération s'est déroulée en présence d'élus, d'associations patrimoniales, d'historiens et de nombreux curieux venus assister à ce moment symbolique.
Ces bornes sont des témoins remarquables de l'histoire de la frontière. Sculptées dans la pierre bleue, elles portaient autrefois les emblèmes des deux États : les fleurs de lys du royaume de France d'un côté et l'aigle bicéphale des Habsbourg d'Autriche de l'autre. Leur numérotation permettait de suivre précisément le tracé de la frontière définie à la fin du XVIIIᵉ siècle.
La remise en place de la borne n°36 ne modifie évidemment pas la frontière actuelle, mais elle rétablit avec exactitude un élément du patrimoine commun franco-belge. Après 181 années d'attente, la recommandation formulée en 1845 a enfin été appliquée, offrant à cette borne historique une place conforme à celle qui lui était destinée.
Projet Interreg Bornes Frontières 1780 : Bornes Frontières 1780

1845 - 2026:  histoire courte en 4 photos.
Images: Bornes Frontières 1780 Interreg.

Les micro-musées.

En cours.

Particularité des bornes 1 et 58.

Sur la frontière entre la Belgique et la France, deux bornes ont une particularité remarquable : elles sont implantées à des tripoints, c’est-à-dire à l’endroit précis où se rejoignent les territoires de trois communes, tout en matérialisant la frontière franco-belge.
La borne n° 1 marque ainsi la rencontre de la commune belge d’Honnelles avec les communes françaises de Wargnies-le-Petit et La Flamengrie.
La borne n° 58 constitue un second tripoint. Elle se situe à la jonction d’Honnelles, côté belge, et des communes de La Flamengrie et Bettrechies, côté français.

Ces deux bornes sont donc des témoins particuliers du découpage territorial.
Position des bornes 1 et 58

Plan à imprimer.
Plan pour impression du circuit des bornes
Les 65 bornes.
Frontière franco-belge, borne N° 1
Borne 1, Photo Jean-Louis Renteux.
Frontière franco-belge, borne N° 2
Borne 2 (brisée),
visible au Micro-musée d'Honnelles
Frontière franco-belge, borne N° 3
Frontière franco-belge, borne N° 4 Frontière franco-belge, borne N° 5 Frontière franco-belge, borne N° 6
Frontière franco-belge, borne N° 7 Frontière franco-belge, borne N° 8 Frontière franco-belge, borne N° 9
Frontière franco-belge, borne N° 10
La partie supérieure de la borne 10
se situe au micro-musée
de La Flamengrie
Frontière franco-belge, borne N° 11
Borne 11
Frontière franco-belge, borne N° 12
Borne 12
Photo Jean-Louis Renteux.
Frontière franco-belge, borne N° 13
Borne 13
Photo Jean-Louis Renteux.
Frontière franco-belge, borne N° 14
Borne 14
Photo Jean-Louis Renteux.
Frontière franco-belge, borne N° 15
Frontière franco-belge, borne N° 16
Borne 16
Frontière franco-belge, borne N° 17 Frontière franco-belge, borne N° 18
Frontière franco-belge, borne N° 19 Frontière franco-belge, borne N° 20 Frontière franco-belge, borne N° 21
Frontière franco-belge, borne N° 22 Frontière franco-belge, borne N° 23 Frontière franco-belge, borne N° 24
Visible au Micro-musée d'Honnelles.
Frontière franco-belge, borne N° 25
Borne 25
Frontière franco-belge, borne N° 26 Frontière franco-belge, borne N° 27
Frontière franco-belge, borne N° 28
Borne 28
Frontière franco-belge, borne N° 29
Borne 29
Frontière franco-belge, borne N° 30
Borne 30
Frontière franco-belge, borne N° 31 Frontière franco-belge, borne N° 32 Frontière franco-belge, borne N° 33
Frontière franco-belge, borne N° 34
Borne 34
Frontière franco-belge, borne N° 35
Borne 35
Photo Jean-Louis Renteux.
Frontière franco-belge, borne N° 36
Frontière franco-belge, borne N° 37
Borne 37
Frontière franco-belge, borne N° 38 Frontière franco-belge, borne N° 39
Frontière franco-belge, borne N° 40
Borne 40
Frontière franco-belge, borne N° 41
Borne 41
Frontière franco-belge, borne N° 42
Frontière franco-belge, borne N° 43 Frontière franco-belge, borne N° 44
Borne 44. Photo Jean-Louis Renteux.
Partie supérieure visible
au Micro-musée de La Flamengrie.
Frontière franco-belge, borne N° 45
Borne 45
Frontière franco-belge, borne N° 46
Borne 46
Frontière franco-belge, borne N° 47 Frontière franco-belge, borne N° 48
Frontière franco-belge, borne N° 49
La borne 49 se situe
au micro-musée
de La Flamengrie
Frontière franco-belge, borne N° 50 Frontière franco-belge, borne N° 51
Frontière franco-belge, borne N° 52 Frontière franco-belge, borne N° 53 Frontière franco-belge, borne N° 54
Frontière franco-belge, borne N° 55 Frontière franco-belge, borne N° 56 Frontière franco-belge, borne N° 57
Frontière franco-belge, borne N° 58 Frontière franco-belge, borne N° 59 Frontière franco-belge, borne N° 60
Frontière franco-belge, borne N° 61
Borne 61
Frontière franco-belge, borne N° 62 Frontière franco-belge, borne N° 63
Frontière franco-belge, borne N° 64
Borne 64
Photo Jean-Louis Renteux.
Frontière franco-belge, borne N° 65
Borne 65
Photo Jean-Louis Renteux.
                                                         

Du cadastre napoléonien à la trace GPX

La création de la trace commence par le repérage des bornes sur le cadastre ancien. Leur position est ensuite reportée sur une vue aérienne actuelle, en s'appuyant sur les chemins, parcelles et autres éléments encore reconnaissables. Chaque emplacement est alors converti en coordonnées GPS, puis intégré dans un fichier GPX.
Les différents points ainsi obtenus permettent de reconstituer le tracé de la frontière et servent de guide pour retrouver les bornes sur le terrain.

Frontière franco-belge, trace gpxCadastre → Vue aérienne → Coordonnées GPS → Fichier GPX → Trace GPX

Le programme Interreg VI.

Les bornes-frontières érigées en 1780, qui matérialisent encore aujourd’hui la frontière entre la France et la Belgique, représentent un héritage commun pour ce territoire fortement marqué par son histoire partagée. Pourtant, ce patrimoine demeure largement méconnu et se trouve progressivement menacé par la dégradation, voire par la disparition de certaines bornes. Ce micro-projet vise à préserver durablement ces témoins historiques en assurant leur conservation, tout en favorisant leur mise en valeur à travers des initiatives culturelles et le développement d’offres touristiques transfrontalières.
Jean-Louis RENTEUX: initiateur du projet, Yohan LECERF: Maire de La Flamengrie, Matthieu LEMIEZ: Bourgmestre de la commune d'Honnelles, Philippe SARRAUTE et Gilles DEJEAN: Maires de Bettrechies, Joeri STUBBE: Sculpteur-restaurateur des bornes-frontières.

Faire connaître la page consacrée aux bornes de la frontière franco-belge via Facebook.


Page de présentation Répertoire des 150 communes Les petits + de l'Avesnois Formulaire de contact

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